1/27/11

Pourquoi l'achat local et saisonnier?


Je viens tout juste de participer à une discussion sur les habitudes alimentaires de partenaires de fermes ASC. Pour ceux qui ne sont pas familiers avec le terme, l'ASC signifie Agriculture Soutenue par la Communauté. C'est un partenariat financier entre une ferme productrice et le consommateur: ce système offre un soutien monétaire à une petite ferme, qui souvent n'a pas accès aux bourses gouvernementales, et fourni aux partenaires des paniers hebdomadaires de légumes (habituellement biologiques) à un coût modique. La discussion était pour le moins des plus éducatifs. À la question 'pourquoi choisissez-vous d'acheter local, et saisonnier dans la mesure du possible?', les réponses étaient de mises. Pour des raisons écologiques; pour aider les petits fermiers et producteurs; pour soutenir et bâtir la communauté... Mais au fur et à mesure que la discussion avançait, un fait devenait évident: une grande partie des partenaires ASC n'étaient pas des écolos inconditionnels, mais plutôt des gens tout à fait 'réguliers', avec des vies occupé, des enfants, des problèmes financiers, et autres banalités. Mais tous étaient convaincus que l'idée était bonne, et voulaient plus que tout répandre l'évangile.

Alors, voilà, je m'y mets! C'est le temps de s'inscrire à un ASC, la plupart des fermes sont encore les places ouvertes. J'ai donc compilé une petite liste d'arguments, et j'espère vous convaincre que l'idée est plus que bonne! 


C'est ÉCO-logique (haha! Je ne pouvais pas résister le jeu de mots!)
Acheter local réduit l'empreinte-carbone de votre alimentation. Habituellement, les fermes ASC ne livrent que dans un rayon de 160km; les producteurs qui s'installent dans les marchés publics aussi n'aiment pas faire de trop long voyage pour vendre leurs marchandises. La majorité des fermes ASC sont certifié biologique, en voie de se faire certifié, ou bios sans intention de se faire certifié (à cause du coût), alors les produits que vous consommez sont sans résidus de pesticides et produits de manières respectueuses de l'environnement et de la faune et flore locales.
Si vous avez besoin d'être convaincus que certains aliments produits de manières conventionnelles sont de vrais dangers publiques, consultez la liste des fruits et légumes à éviter.


La fraicheur
Parce que vos fruits et légumes auront moins voyagé, ils arrivent souvent en meilleur état que ce qui se trouve en épicerie. (Oui, il arrive que des passagers clandestins voyagent avec vos légumes, mais s'ils n'en sont pas morts, vous le saurez, vos légumes ne vous seront pas toxiques!) Mais le plus impressionnant est le fait que, dans la plupart des cas, les fruits et légumes auront été récoltés dans la journée qu'ils sont livrés. Alors non seulement les produits ont l'air et le goût frais, mais ils seront meilleurs pour la santé (les produits maraîchers commencent à perdre leur nutriments dès qu'ils sont cueillis), et ils ont une meilleure garde que les produits en magasin.


Les économies
Chaque ferme s'organise différemment, mais dans la plupart des cas, les membres doivent payer leur part en début de saison. À priori, on a l'impression de se départir d'une grosse somme d'argent, mais quand on calcule le nombre de livraisons hebdomadaires (de 20 à 52 par année), et la quantité de produits qu'on reçoit en pleine saison, on réalise qu'on en a pour plus que son argent. Habituellement, les paniers bios contiennent une généreuse diversité qui revient à moins de 10$ par personne, par semaine. De plus, étant d'une fraicheur incroyable, les produits peuvent se garder jusqu'à plusieurs semaines que ce qui provient de l'épicerie: meilleur garde signifie moins de perte (et moins d'argent à la poubelle.)


Renforcer la communauté
En soutenant financièrement une petite ferme locale, vous assurez la sauvegarde d'une communauté rurale. Quand une communauté rurale prospère, des terres fertiles sont protégées des développement urbains.
Vous mettez un visage, un nom sur votre alimentation: vous ne vous contenterez plus de la nourriture anonyme. Aussi, comme la majorité des fermes ASC préfère avoir un point de chute de voisinage (à la place de livrer porte-à-porte), vous bâtissez votre propre communauté: c'est un peu comme si vous aviez une fête du voisinage à chaque semaine. De ces jours-ci, quand nous sommes tous si débordés par la vie qu'il est très difficile de faire la connaissance de ses voisins, les points de chute sont parfois la seule façon de rencontrer les gens qui habitent à quelques mètres de chez nous.

Faire partie d'un mouvement global
On m'avait posait la question si je ne pensais pas que l'achat local était une sorte de protectionnisme, à laquelle j'ai répondu 'Bien évidemment que non!' En préconisant l'achat local (et en essayant de manger saisonnier), on soutient la communauté globale.
C'est de la foutaise de penser que l'industrie agro-alimentaire aide le petit producteur: les ouvriers agricoles travaillent souvent dans de conditions difficiles, voire même intenables; gagnent une misère; n'ont aucune assurance (médicales ou autres); et n'ont souvent pas les moyens de nourrir leur famille, ni d'envoyer leurs enfants à l'école. The Price of Sugar est un documentaire sur les plantations de cannes dans la République Dominicaine, mais aurait pu facilement être un exposé sur n'importe quelle plantation industrielle dans n'importe quel pays en voie de développement.
En soutenant l'achat local, vous soutenez indirectement des organisations, tels que La Via Campesina, et Navdanya International, qui cherchent restituer les droits de propriété aux paysans qui vivent sur et de la terre. Le mouvement Slow Food promeut l'achat local comme étant un pied de nez  à l'accaparement terrien qui sévit dans les pays pauvres.
En temps que consommateurs, nous avons le pouvoir de se faire entendre: acheter local est un petit acte qui fait une grande différence. 

Dans mon blogue anglais, j'avais compilé un index des ASC, mais la voici maintenant pour les francophones.

Québec
Équiterre: Au Québec, nous avons la chance d'avoir Équitere qui s'acharne à recruter et à réunir des fermes dans le programme ASC, mais pour ceux qui habitent la région montréalaise et qui ne sentent pas prêts à s'engager, voici quelques alternatives:
Le Frigo-Vert, la coopérative alimentaire de l'Université Concordia
Fait Ici, une épicerie à l'ancienne et loco-centrique
Co-op La Maison Verte est un magasin de produits naturels qui sert aussi de point de chute pour trois fermes dans Notre Dame de Grâce.

Canada Atlantique
ACORN (Atlantic Canadian Organic Regional Network) liste les fermes biologiques de la Nouvelle Écosse, l'Île du Prince Édouard et du  Nouveau Brunswick

Ontario

Les Prairies Canadiennes 
Colombie Britanique
UBC (oui oui! UBC l'université!)

Aux États-Unis

En Grande-Bretagne

En Australie

En France



Inscrivez-vous, et bon app'!


1/21/11

All You need Is Love


Les aliments réconfortants. 


Ils ne sont pas toujours beaux à voir, mais ils vous comblent comme pas d'autres quand tout ce dont vous avez besoin est un peu d'amour! Ce plat fait exactement ça: du réconfort et de l'amour dans un bol. Ma mère préparait ce plat quand le mercure tombait en chute libre ou quand j'étais malade. C'était la grand-mère d'une amie italienne qui le lui a appris, il y a bien des années de cela. Mais c'est surement un plat qui se fait dans tout le bassin méditerranéen: les turques l'appellent Menemen, ou ragoût de légumes et d'œufs (avec une quantité généreuse de piment d'Alep). Chez nous, on appelle ça  tomato tamago,mais quel que soit le nom qu'on lui donne, c'est délectable.


Même si les œufs à la sauce tomate ne rappellent aucun souvenirs d'enfance, ils deviendront rapidement un plat favori. Des œufs-sauce tomate, le nom le dit. Je me sens un peu ridicule d'inscrire une recette pour un plat aussi simple, mais on m'a reproché d'être parfois trop vague ou ésotérique dans mes descriptions. Alors pour ceux qui ne sente pas tout à fait à l'aise dans la cuisine, une recette suit. Par contre, comme ce sera souvent le cas, la recette n'est qu'un guide, une enseigne pour indiquer la direction. Servez-vous en comme inspiration, déviez aussi loin que vous voulez.


La seule consigne à suivre concerne la sauce: il faut qu'elle soit savoureuse et consistante. En plein été, vous pourrez laisser libre court aux tomates et autres légumes, mettant en valeurs les saveurs avec quelques feuilles de basilique ou d'origan. Mais en hiver, ajoutez tous les épices qui vous tombent sous la main. À vrai dire, j'aime bien faire le ménage dans mes épices quand je fais ce plat. Et comme les épices ont souvent des bienfaits pour la santé, il ne faut pas s'en priver! Surtout si vous ressentez une grippe qui vous guette.
Pour ceux qui sont un peu timide avec les épices, voici une petite liste d'aromates qui s'entendent à merveille avec les œufs et la tomate, et qui ne peuvent que s'harmoniser ensemble: cannelle; cinq épices chinois; cumin;  curcuma; feuille de laurier; garam masala; gingembre (frais ou en poudre); graines de coriandre; graines de fenouil; mélange Berbère; origan; piments (frais ou secs); poudre de cari; paprika (doux, piquant, ou fumé); poivre (n'importe quelles variétés -essayer le poivre long!); Ras el Hanout; romarin; thym; zeste d'agrume...


Oeufs-Sauce Tomate
Pour une personne, multiplier au besoin

1 or 2 œufs
250ml/ 1 tasse sauce tomate
    ou 125ml/ ½ tasse tomates concassées
         1 gousse d'ail, écrasée
         ¼ oignon, haché ou tranché finement
         huile et/ou beurre
3 cuillers à thé d'épices en poudre, plus quelques pincées pour la garniture
sel et poivre

Dans une petite casserole, réchauffer la sauce tomate.
Si vous avez à préparer la sauce: chauffer l'huile et/ou le beurre sur un feu moyen.
Ajouter les oignons. Remuer jusqu'à l'obtention d'une légère couche brune au fond de la casserole, ajouter l'ail et les épices.
Quand l'ail est cuite, environ 1 minute, ajouter les tomates.
Cuire jusqu'à ce le tout soit bouillonnant, et que les tomates commencent à se défaire.
À ce stade, vous pouvez soit, cuire les œufs en cocotte: verser la sauce dans de petits ramequins et y casser les œufs, cuire dans un four préchauffé à 180'C/ 350'F pour 6 minutes, ou à la cuisson désirée des œufs.
Soit, casser les œufs directement dans la casserole et les pocher sur le rond.
Servir chaud dès que c'est cuit, ou tiède.
Garnir avec une pincée d'épices de couleurs vives.


Faites en pour le brunch, le déjeuner ou même pour le dîner. Assurez-vous d'avoir beaucoup de pain, vous en aurez besoin pour ramasser toute la sauce. Ajouter une petite salade ou un autre légume en accompagnement, et le repas n'aura jamais été aussi facile à préparer! Si vous avez des restes qui languissent dans votre frigo, mettez-les dans la sauce, elle n'en sera que meilleure. Vous pouvez parsemer les œufs cocotte de fromage avant de les enfourner, ou vous pouvez les brouiller...


Bon app'!



In English

Glacé à souhait

 
Ça fait un bout de temps que je me battais contre une grippe tenace, mais j'ai dû reconnaitre le fait que c'était peine perdue. Alors j'ai passé mon congé au lit, m'extirpant des draps que pour les essentiels absolus: nourrir les chats et les oiseaux (je pose les graines sur le garde-fou du balcon, comme ça je peux épier les cardinaux et les écureuils de mon lit -ma seule diversion de la semaine!); faire du thé; et faire une brassée de lessive. Je ne cuisinais pas, heureusement, mon congélateur était plein à craquer de soupes. Mais j'avais envie d'une seule et unique chose, et je n'ai pas eu le cran de m'y mettre avant d'être partiellement rétablie: des carottes glacées.


Les carottes patientaient dans mon frigo depuis l'automne, les derniers vestiges de mon panier de légumes bios. Bien qu'on m'ait dit qu'il en reste encore à la ferme, je gardais ces carottes précieusement, en attendant que le courage de les glacer me vienne. Il n'y a rien de compliqué à glacer des carottes. En fait, c'est très simple, et s'il était question de tout autres carottes, je les aurais glacées il y a des lustres. Mais, ces carottes étaient spéciales, et méritaient le meilleur: je voulais qu'elles soient glacées comme ma mère le fait.


C'est un peu un gag perpétuel chez moi: mon chéri se doit de toujours mesurer mes carottes à celles de ma mère. Moi-même, je conçois que les carottes glacées de ma mère sont les meilleures, et les miennes trainent loin derrière. Habituellement, je me contenterai bien de mes carottes glacées, mais quand je suis malade ou que j'ai les blues, seules les carottes glacées de ma mère font l'affaire!


Alors, je m'y suis mis comme si mon rétablissement en dépendait. Je sais où je commets erreur: je ne cuits pas assez les carottes. Oui, c'est aussi ridicule - quand on nous dit qu'il faut manger cru! manger à peine cuit!- le secret des parfaites carottes est de les cuire jusqu'à ce qu'elles commencent à se défaire. C'est si simple. En fait, la carotène des carottes est plus accessible quand le légume est bien cuit. Voilà. Il y a des jours où des carottes à peine cuites font l'affaire, et d'autres où il faut de la presque-bouilli. 


À propos des carottes: elles n'ont pas besoin de provenir directement de la ferme, mais il faut éviter les carottes trop grosses, car elles sont parfois trop fibreuses, et ces mini-carottes qu'on achète en sachets ne seront jamais à la hauteur. Si vous observez les 'bébés carottes', vous remarquerez qu'elles sont en fait de grandes carottes épluchées jusqu'à ce qu'elles atteignent une petite taille; il ne leur reste que le cœur (quoique croustillant mais peu goûteux) et à peine de leur douce chair. J'ai une préférence pour les carottes de petite taille, pas plus de 2cm/ ¾" de diamètre, mais si vous en avez de plus grosses, elles peuvent être coupées en deux ou en quatre, tant que vous évitez les cœurs fibreux.


Carottes Glacées
Pour deux, comme accompagnement

500g/ 1lb de carottes (environ 8 petites, 5 moyennes, or 2 grosses)
1 cuiller à soupe de beurre
½ cuiller à thé de sucre
sel et poivre

Laver, éplucher, et équeuter les carottes.
Trancher en rondelles de 5mm/ ¼", coupant en 2 ou en 4 le bout le plus large.
Mettre dans une casserole avec un couvercle.
Recouvrir à hauteur avec de l'eau froide. Ajouter une pincée de sel.
Couvrir la casserole, et porter à ébullition.
Laisser cuire, couvert, à feu élevé, pendant 10 minutes, ou jusqu'à ce que les carottes soient al dente (cuites, mais fermes).
Enlever le couvercle, baisser le feu à moyen, et cuire 5 minutes de plus, ou le temps qu'il faut pour l'eau s'évapore presqu'entièrement.
Ajouter le beurre et le sucre.
Secouer la casserole pour que le sucre se dissolve, et pour rouler les carottes dans le sirop qui se forme au fond de la casserole.
Les carottes sont prêtes quand elles sont brillantes et qu'il ne reste plus d'eau.
Vérifier l'assaisonnement.
Les carottes glacées peuvent être gardées au chaud le temps de finir la préparation du reste du repas, ou vous pouvez les réchauffer au moment du service, mais elles sont à leur meilleur servies immédiatement.


Enfant, j'ai passé une longue période où je trouvais les carottes détestables. Il était impossible de m'en faire manger à moins de les cuire et de les cacher minutieusement dans un plat complexe, mais je faisais exception aux carottes glacées. Si vous connaissez une fine bouche, ajouter une pincé supplémentaire de sucre aux  carottes glacées, et il ou elle ne pourra les refuser. Vous pouvez aussi glacer la plupart des légumes racines, ainsi que des petits pois et du maïs surgelés, il suffit simplement d'ajuster le temps de cuisson. Les carottes et petits oignons glacés sont les accompagnements classiques des braisés et daubes de la cuisine française, mais ils accompagneraient à merveille n'importe quel plat de votre choix. Quand je ne m'affaire pas à recopier la cuisine de ma mère, j'aime ajouter un petit plus aux carottes: une pincée de gingembre en poudre; quelques grains de cumin; une filet de jus d'orange; une gousse d'ail râpée... Utilisez votre imagination, et apprivoisez les carottes.


Bon app'!

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